Notre engagement contre les mutilations génitales féminine

Depuis plusieurs années, nous sommes actives dans la prévention des mutilations génitales féminines (MGF) à Genève.

Certaines d’entre nous se sont d’abord impliquées à titre personnel dans les premières campagnes de sensibilisation menées dans le canton entre 2007 et 2009, en collaboration avec le Bureau de promotion de l’égalité et de prévention des violences (BPEV), le Planning familial des HUG, Camarada, ainsi que des médiatrices formées pour ce projet. Ces campagnes, notamment sous le titre « Protégeons nos filles de l’excision », visaient à informer les communautés migrantes sur les conséquences des MGF pour la santé des femmes et sur la législation en Suisse.

Cette première mobilisation a permis d’ouvrir le dialogue dans les communautés et de sensibiliser de nombreuses familles à cette problématique.

Par la suite, nous avons créé l’AMIC, qui est devenue une association de médiatrices interculturelles. L’association est née du constat que, lors de ces campagnes, les femmes faisaient face à de nombreuses questions liées à l’intégration, qui les préoccupaient parfois encore davantage que la question des MGF.

L’AMIC a ainsi élargi son action à différents sujets liés à l’intégration, l’entraide et l’accompagnement, tout en poursuivant de manière forte et constante l’engagement contre les mutilations génitales féminines.

Lors de la deuxième phase de campagne menée entre 2013 et 2015, notre association a participé activement au comité de pilotage, tout en continuant le travail de terrain auprès des communautés.

Aujourd’hui encore, nous sommes en première ligne pour sensibiliser les femmes et les hommes nouvellement arrivés dans le canton de Genève, notamment des communautés originaires d’Érythrée et d’Éthiopie.

Depuis la fin de cette campagne, et toujours en collaboration avec le BPEV, nous poursuivons ce travail à travers notre plateforme, aujourd’hui reconnue par le Réseau suisse contre les mutilations génitales féminines (lien vers le site à ajouter). Nous y créons des espaces de dialogue et de partage. Nous organisons des groupes de discussion, des rencontres et des activités de sensibilisation, destinées notamment aux nouvelles arrivantes et aux nouveaux arrivants dans le canton de Genève.

Ces espaces permettent aux femmes et aux hommes de s’informer, d’échanger leurs expériences et de parler ouvertement de cette question.

Nous accompagnons également différents projets de sensibilisation et de recherche, en collaborant avec des étudiantes, des chercheurs et les médias, afin de contribuer à une meilleure compréhension de cette problématique et à la diffusion d’informations.

En 2017, nous avons également réalisé une pièce de théâtre avec des jeunes filles et des garçons, intitulée « Protégeons nos filles ». Ces représentations ont rencontré un grand succès et ont permis de toucher un large public, notamment de nombreux jeunes, des membres des communautés concernées et des professionnels. Le théâtre s’est révélé être un outil puissant pour ouvrir la discussion, sensibiliser et encourager les jeunes à réfléchir à ces questions.

Pour nous, cette lutte est à la fois personnelle et collective. C’est une problématique que certaines d’entre nous ont vécue et contre laquelle nous continuons à nous mobiliser avec détermination. Nous savons aussi que les réalités sont différentes selon les contextes culturels et les parcours de vie. C’est pourquoi notre approche est basée sur le dialogue, le respect et la sensibilisation.

Nous croyons que le changement est possible lorsque les femmes, les familles et les communautés peuvent se rencontrer, parler et réfléchir ensemble à la protection des filles et au bien-être des femmes.

Notre plateforme est ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent s’informer, partager leur expérience ou simplement échanger dans un espace respectueux et bienveillant.

Nous encourageons particulièrement les femmes concernées à venir parler, s’exprimer et trouver du soutien. Ensemble, nous pouvons continuer à briser le silence et à construire des chemins de changement pour les générations futures.

Depuis 2025, nous poursuivons également cet engagement en collaboration avec le Réseau genevois de prévention des mutilations génitales féminines, qui regroupe des associations et des institutions actives dans ce domaine. Dans ce cadre, nous jouons notamment un rôle important dans la réflexion, le recrutement de nouvelles médiatrices, l’accès aux femmes concernées, l’organisation d’activités de sensibilisation et la mise à disposition de notre espace pour les rencontres et les échanges.